RÉHABILITER
Œuvres de Jérôme Fortin
Christiane Lemire
et Christos Pantieras

Vernissage le dimanche 2 mars à 14h.
du 2 mars au 13 avril 2003

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Avec le projet d'exposition Réhabiliter, AXENÉO7 acceuille le travail de Jérôme Fortin (Montréal), Chistiane Lemire (Gatineau) et Christos Pantieras (Ottawa). Chacun des artistes investit l'une des salles de l'aire d'exposition et à l'enseigne du titre, active différentes matières, que ce soit des matériaux ou du contenu qui, autrement, seraient laissées pour compte, oubliées ou inutilisées, dépouillées d'une première histoire d'usage. Il y est donc question d'une certaine perte mais surtout de ce que le temps, par l'affirmation de sa durée et des gestes qui le meublent, peut générer et insinuer la présence.

En effet, le temps s'expose de bien des façons à travers les oeuvres proposées et il qualifie selon de multiples modes l'investissement des matériaux proposés. Quelques communes mesures de ces trois productions sont observées par la grande minutie, la répétition du geste, l'investissement certain d'un savoir-faire et une certaine échelle réduite des manipulations autrement mises en scène par des effets de juxtaposition et d'accumulation. Car il y a bien mise en scène par les dispositifs plastiques proposés, affirmant du pictural bien que les matériaux prévilégiés se transforment en relief ou se réclament de l'objet. Contrairement à d'autres productions qui investissent le temps par l'attention portée à l'histoire du lieu, aux matériaux ou documents trouvés, usés ou abandonnés, bref qui instituent une certaine archéologie et des fictions du savoir et des sujets, les présents travaux flirtent à distance avec ces méthodes car leurs productions insinuent l'ambivalence et trichent avec l'origine et le devenir des dits matériaux.

Les papiers froissés, déchiquetés et fort habilement re-haussés de Christiane Lemire sont-ils des rebuts trouvés et mis sous protection en boîtier afin de préserver leur provenance ? La cloison d'enveloppes, imprégnées de cire, de bouts de mèche et frappées de fragments de discours amoureux de Christos Pantieras sont-ils véritablement le lieu d'une histoire passée, consumée et non chacune de nos propres histoires ? Et que dire des bouteilles de plastique, découpées en ruban et reportées au mur de Jérôme Fortin aussi bien que des pièces de fer blanc et de métal organisées et mises en montre. Sont-elles le fruit de la ceuillette, se veulent-elles produit d'un troc à faire avec l'artiste, se présentent-elles comme commentaire de notre société de consommation ?

Autant de pistes de réflexion et de moments de saisie qui demandent à être caractérisés par l'expérience que ces traces, surfaces et brouillages nous donnent en spectacle et qui obligent le regard à repenser ces lieux communs.


2 mars 2003 © AXENÉO7