DÉPLACEMENTS


DENIS FARLEY


Exposition DU 15 février AU 21 mars

L'artiste occupera les trois salles avec trois suites photographiques. Une de ces suites, Irradiations, a l'intérêt particulier d'avoir été réalisée à Carp, en Outaouais, dans le bunker antinucléaire construit à la fin des années 1950, en pleine Guerre froide. Ces photographies en noir et blanc suggèrent un univers futuriste, mais un futur qui serait au passé.

 

Les deux autres suites en couleur jouent de la composition photographique. Il s'agit de deux ensembles, l'un composé de triptyques et l'autre, de superpositions de «fenêtres» photographiques.

 

Depuis plusieurs années déjà, Denis Farley apparaît dans ses photographies. Mais jusqu'ici, aucunement dans la perspective de l'autoportrait. Sa présence avait plutôt pour fonction de donner un repère dimensionnel, de marquer une signalisation dans des paysages. Bref, il y tenait le rôle d'un «homme-balise». Dans Déplacements, il tient un rôle similaire, quoique qu'un glissement vers l'autoportrait y soit plus perceptible à l'occasion.

 

La photographie de Farley se caractérise le plus souvent par une étonnante précision, comme un observateur attentif à la moindre texture, au plus petit détail. Mais à force de précision, alors qu'un sentiment de réel devait s'emparer de nous qui la regardons, c'est plutôt celui d'une singulière étrangeté qui se forme.

 

Texte du directeur artistique

 

Dans cette exposition, Denis Farley nous présente deux suites photographiques : Irradiations et Déplacements.

 

Les images qui forment la suite Irradiations ont été prises à Carp, tout près d'Ottawa, précisément dans le bunker antinucléaire construit en pleine guerre froide, sous le gouvernement du premier ministre Diefenbaker à la fin des années 1950. Ces images font donc référence à un passé, un morceau d'histoire que l'artiste a investi vêtu d'une combinaison munie de bandes réfléchissantes, créant sous la lumière des effets d'irradiation. L'usage du noir et blanc confère à ces images une allure de documents issus d'archives et qu'un spectre fuyant viendrait hanter.

 

Depuis plusieurs années déjà, Denis Farley apparaît dans ses photographies mais, jusqu'ici, aucunement dans la perspective de l'autoportrait, sa présence y prenant plutôt une fonction signalétique. Revêtu d'une combinaison portant un motif quadrillé, il y donnait la mesure de l'espace des paysages embrassés par l'objectif. Dans Déplacements, il pourrait encore y tenir un rôle similaire, bien qu'un glissement vers l'autoportrait y soit nettement perceptible. Ses traits sont reconnaissables, il a retiré la combinaison du signal anonyme.

 

Les Déplacements se divisent en deux volets. Un premier rassemble des triptyques où l'élément central est un fragment de nature (souche, tronc ou feuillage) faisant irruption entre deux morceaux d'architecture. Dans le second volet, ce sont encore des morceaux de nature, mais cette fois-ci ils prennent l'aspect de fenêtres photographiques perçant les architectures. La présence de la couleur donne à cette suite la valeur du présent où se rencontrent l'être humain, la nature et l'architecture.

 

La photographie de Farley se caractérise le plus souvent par une étonnante, une affolante précision, comme un observateur obstinément attentif à la moindre texture et au plus petit détail. Et quand le flou (ou le bougé) apparaît, il souligne encore plus la parfaite netteté de ce qu'il jouxte. Mais c'est là un amusant paradoxe, car à force de précision, alors que le sentiment d'un réel tangible et familier devrait s'emparer de nous, c'est peut-être celui d'une singulière étrangeté qui s'impose en définitive.

 

Jean-Pierre Latour

Directeur artistique

 

INSCRIVEZ-VOUS

À NOTRE LISTE D’ENVOI

+