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Programmation / 2005
C'ÉTAIT BIEN, SURTOUT LA FIN
Belinda Campbell
Du 16 octobre au 13 novembre 2005
Belinda Campbell, autoportraitiste, improvise avec son corps qui lui sert de mots dans ce journal intime vierge. C'était bien, surtout la fin présente sous la forme de deux écrans géants qui se répondent des images qui jouent au ping-pong en défiant les lois de l'espace et du temps.
DE NOTRE FRAGILITÉ
Aude Moreau et Belinda Campbell
Le ciel grec est constellé de chasseurs et de guerriers : Orion, Castor et Pollux et combien d'autres. La nuit éclaire nos comportements d'allégories tenaces. De la sorte, nos actes s'inscrivent sur nos têtes, indélébiles et persistants.
Aude Moreau, par ses interventions, rappelle et souligne notre présence marquante dans le milieu qui nous reçoit. Alors que le geste de l'artiste est fragile et éphémère, il marque par l'absurde et l'ironie la manière dont l'humain s'inscrit dans son environnement par ses actions tranchantes et irrévocables. Colonnes et tapis de sucre, murs de fils aux méandres envahissants et aujourd'hui firmament d'impacts de balles, d'une certaine manière, Moreau attire notre attention sur nos comportements insistants et violents. Ces attitudes, reflets du " désir de conservation ", tendent vers des manifestations ambivalentes et contradictoires. L'impact de la balle dans Tirer le ciel constitue une agression immortalisée dans le cosmos ; de même, la destruction potentielle d'un pan de mur dans Let it go / Go for it évoque encore notre nature brutale.
La danse, depuis toujours, transpose nos pulsions irrépressibles. Qu'elle soit tribale, rituelle ou même sociale, elle constitue le signe transcendant de nos faits de survie. Parfois totémique, elle nous ramène alors encore plus directement à notre animalité constitutive.
Ainsi dans la " vidéo-spectacle " de Belinda Campbell, la violence du geste chorégraphique joue comme un symbole puissant qui nous renvoie à notre réalité guerrière dans un monde hostile où nous devons, pour assurer notre pérennité, soit attaquer soit fuir. L'isolement du personnage ne le rend que plus vulnérable et, en ce sens, commande des réactions d'autant plus énergiques.
Par la simplicité du dispositif, par la mise en scène dépouillée, par les gros plans déformants, le spectateur se reconnaît aisément dans cet autoportrait de Campbell. Alors que le montage syncopé de la bande déstabilise le regardant, le blanc du décor souligne sa vulnérabilité et les grimaces comiques de l'artiste lui font souvenir qu'il n'y peut pas grand-chose.
Dans les deux cas, le travail de l'artiste, c'est-à-dire le déroulement même du geste de l'art, s'impose comme la métaphore de notre existence qui, bien qu'elle se crie sans cesse, reste frêle et fugitive.
François Chalifour, octobre 2005
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